Vers Demain

Aidez-nous à continuer.

Vers Demain mène le combat pour un monde meilleur, veuillez nous soutenir pour continuer.

Non merci, peut-être plus tard

Voyage apostolique de Léon XIV en Afrique

Un message de paix, d’espérance et de justice

Du 13 au 23 avril 2026, le Saint-Père a effectué un voyage apostolique dans quatre pays africains: l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée Équatoriale, représentant dans leurs variétés de langues, de cultures et de défis, tous les pays du continent africain.

Les pays africains sont confrontés aux mêmes difficultés sociales et financières que les pays occidentaux; les Africains, tout comme les Européens, les Nord-Américains et les habitants des autres continents, sont tous les victimes des financiers et banquiers internationaux. C’est pourquoi les paroles du Saint-Père sont valides et peuvent être appliquées non seulement pour l’Afrique, mais pour tous les autres pays du monde, dont les peuples ont soif de paix et de justice.

Par exemple, lors de l’audience générale du mercredi 29 avril à Rome, Léon XIV a ainsi décrit le second pays visité, le Cameroun:

«Le Cameroun est surnommé “l’Afrique en miniature”, en référence à la variété et à la richesse de sa nature et de ses ressources, mais nous pouvons également comprendre cette expression dans le sens où les grands besoins de tout le continent se retrouvent au Cameroun: celui d’une répartition équitable des richesses; celui de donner leur place aux jeunes, en surmontant la corruption endémique; celui de promouvoir un développement intégral et durable, en opposant aux diverses formes de néocolonialisme une coopération internationale visionnaire.»

La moyenne d’âge de la population des pays africains est de moins de 20 ans (comparativement à 41 ans pour le Canada), ce qui en fait de loin la population la plus jeune du monde. 20 % des catholiques du monde entier sont africains, et ce pourcentage ira en augmentant pour les années à venir; l’Afrique est le continent où la croissance catholique est la plus rapide, plus de 3 % en un an.

C’est donc là que se trouve l’avenir de l’Église, et c’est là que les populations ont soif de justice et de paix, et sont ouvertes à l’enseignement de l’Église sur la justice sociale, ainsi que des façons de l’appliquer comme, évidemment, la Démocratie économique enseignée par Vers Demain, et répandue de plus en plus en Afrique, même dans les milieux universitaires.

Le pape concluait son audience du mercredi 29 avril avec ces paroles: «Chers frères et sœurs, la visite du Pape est, pour les populations africaines, l’occasion de faire entendre leur voix, d’exprimer la joie d’être peuple de Dieu et l’espérance d’un avenir meilleur, de dignité pour chacun et pour tous. Je suis heureux de leur avoir donné cette possibilité, et en même temps je remercie le Seigneur pour ce qu’ils m’ont offert, une richesse inestimable pour mon cœur et pour mon ministère.»

On a dit dans l’éditorial de ce numéro de Vers Demain que la paix est basée sur la justice. Le Saint-Père, dans tous ses discours en Afrique, a beaucoup insisté sur ces mots, et sur les conditions requises pour les appliquer. C’est ce que nous allons découvrir dans les paragraphes suivants qui rapportent de larges extraits de ses discours.

L’Algérie

La Providence a fait en sorte que le premier des quatre pays visités par le pape soit l’Algérie, ce qui a permis à Léon XIV de marcher sur les traces de saint Augustin, docteur de l’Église et évêque d’Hippone (maintenant appelée Annaba), en Algérie, qui a enseigné la recherche de la vérité et la dignité de chaque être humain, créé à l’image et la ressemblance de Dieu.

On sait qu’avant de devenir pape, Léon XIV a été pendant plusieurs années supérieur de l’Ordre des Augustiniens, donc ayant un attachement et une dévotion spéciale à ce saint, qui a façonné sa spiritualité.

Dans sa rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique à Alger, le 13 avril, le pape déclara:

«Est injuste celui qui accumule des richesses et reste indifférent aux autres. Cette vision de la justice est simple et radicale: elle reconnaît dans l’autre l’image de Dieu. Une religion sans compassion et une vie sociale sans solidarité sont un scandale aux yeux de Dieu. Et pourtant, de nombreuses sociétés qui se croient avancées sombrent de plus en plus dans l’inégalité et l’exclusion. Les personnes et les organisations qui dominent sur les autres – l’Afrique le sait bien – détruisent le monde que le Très-Haut a créé pour que nous vivions ensemble. (…)

«La véritable force d’un pays réside dans la coopération de tout le monde à la réalisation du bien commun. Les Autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et son développement. Le critère de l’action politique réside donc dans la justice, sans laquelle il n’y a pas de paix authentique, et s’exprime par la promotion de conditions équitables et dignes pour tous.»

Le Cameroun

Le pape Léon XIV devant le monument dédié à «saint Augustin au coeur de l’Afrique» inauguré à l’occasion de sa visite, installé devant l’Université Catholique d’Afrique Centrale, à Yaoundé, dont saint Augustin est le patron.

Le 15 avril, le pape adressait ces paroles au palais présidentiel à Yaoundé, devant les autorités civiles et les membres du corps diplomatique:

«Nous vivons une époque où la résignation se répand et où un sentiment d’impuissance tend à paralyser le renouveau que les peuples ressentent profondément. Que de faim et soif de justice! Que de soif de participation, de visions, de choix courageux et de paix! Mon grand désir est de toucher le cœur de chacun, en particulier celui des jeunes, appelés à façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste. (…)

Il y a 1600 ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité: «Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger». Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple: de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque.

Au début de cette année, j’ai invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance.

La paix ne peut être réduite à un slogan: elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi je le répète avec force: «Le monde a soif de paix. […] Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés». Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan.

La paix, en effet, ne se décrète pas: elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. (…)

Face à tant de dévouements dans la société, la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l’État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance. Il est temps d’oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux. Que les institutions justes et crédibles deviennent des piliers de la stabilité. L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner.

La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’homme, en unissant rigueur et grandeur d’âme, avec une attention particulière pour les plus vulnérables. Une paix authentique naît lorsque chacun se sent protégé, écouté et respecté, lorsque la loi est un rempart sûr contre l’arbitraire des plus riches et des plus forts. (…)

Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité. Il faut libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie. Le véritable gain c’est le développement humain intégral, c’est-à-dire la croissance équilibrée de tous les aspects qui font de la vie sur cette terre une bénédiction.»

Le 16 avril, le Saint-Père s’exprimait ainsi à la Cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, au nord du Cameroun:

Les seigneurs de la guerre font semblant de l’ignorer, mais il suffit d’un instant pour détruire, alors qu’une vie entière ne suffit souvent pas pour reconstruire. Ils font semblant de fermer les yeux sur le fait qu’il faut des milliards de dollars pour tuer et dévaster, mais qu’on ne trouve pas les ressources nécessaires pour soigner, éduquer et relever. Ceux qui dépouillent votre terre de ses ressources investissent généralement une grande partie des profits dans les armes, dans une spirale de déstabilisation et de mort sans fin.

C’est un monde à l’envers, une perversion de la création de Dieu que toute conscience honnête doit dénoncer et rejeter, en choisissant ce revirement à 180 degrés – la conversion – qui conduit dans la direction opposée, sur la voie durable et riche de la fraternité humaine. Le monde est détruit par quelques dominateurs et maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires!(...)

La paix n’est pas à inventer : elle est à accueillir, en accueillant le prochain comme notre frère et comme notre sœur. Personne ne choisit ses frères et sœurs: nous devons simplement nous accueillir les uns les autres! Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires.

Le 17 avril, le Saint-Père rencontrait le monde universitaire à l’Université Catholique d’Afrique Centrale, à Yaoundé, et a prononcé les paroles suivantes :

«La grandeur d’une nation ne peut se mesurer uniquement en fonction de l’abondance de ses ressources naturelles, ou de la richesse matérielle de ses institutions. En effet, aucune société ne peut prospérer si elle ne repose sur des consciences droites, éduquées à la vérité. En ce sens, la devise de votre Université, “Au service de la vérité et de la justice”, vous rappelle que la conscience humaine, comprise comme sanctuaire intérieur où les hommes et les femmes se découvrent interpellés par la voix de Dieu, est le terrain sur lequel il convient de poser les bases solides et durables de toute société. Former des consciences libres et saintement inquiètes est une condition pour que la foi chrétienne apparaisse comme une proposition pleinement humaine, capable de transformer la vie des individus et de la société, de susciter des changements prophétiques face aux drames et à la pauvreté de notre temps, et d’encourager une recherche de Dieu toujours plus profonde, jamais assouvie.

«C’est en effet dans la conscience que s’élabore le discernement moral, grâce auquel est librement recherché ce qui est vrai et honnête. Lorsque la conscience prend soin d’être éclairée et droite, elle devient la source d’une action cohérente, orientée vers le bien, la justice et la paix.

«Dans les sociétés contemporaines, et donc également au Cameroun, on observe une érosion des repères moraux qui guidaient autrefois la vie collective. Il en résulte que l’on a tendance aujourd’hui à approuver de manière superficielle certaines pratiques autrefois considérées comme inacceptables. Cette dynamique s’explique en partie par les changements sociaux, les contraintes économiques et les dynamiques politiques qui influencent les comportements individuels et collectifs.

«Les chrétiens, et tout particulièrement les jeunes catholiques africains, ne doivent pas avoir peur des “choses nouvelles”. En particulier, votre Université peut former les pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique dont le continent africain connaît bien, non seulement les aspects séduisants, mais aussi la face cachée des ravages environnementaux et sociaux causés par la course effrénée aux matières premières et aux terres rares. Ne détournez pas le regard: c’est un service rendu à la vérité et à l’humanité tout entière. Sans cet effort éducatif, l’adaptation passive aux logiques dominantes sera considérée comme une compétence, et la perte de liberté comme un progrès….

«Cela vaut d’autant plus face à la généralisation des systèmes d’intelligence artificielle, qui organisent de manière toujours plus omniprésente nos milieux mentaux et sociaux. Comme toute grande transformation historique, celle-ci exige non seulement des compétences techniques, mais aussi une formation humaniste capable de mettre en lumière les logiques économiques, les préjugés intégrés et les formes de pouvoir qui façonnent la perception du réel. Le défi que posent ces systèmes est plus profond qu’il n’y paraît : il ne concerne pas seulement l’utilisation de nouvelles technologies, mais le remplacement progressif de la réalité par sa simulation. …

«Sans résistance à la persuasion de ces systèmes et sans exposition physique et spirituelle à l’autre en chair et en os, la réalité devient facultative et l’humain gouvernable par des systèmes invisibles, imperceptibles à la conscience.

«C’est précisément dans ce domaine que l’Université catholique a le devoir d’assumer une responsabilité de premier plan. En effet, elle ne se limite pas à transmettre des connaissances spécialisées, mais forme des esprits capables de discerner et des cœurs disposés à l’amour et au service. Elle prépare surtout les futurs dirigeants, les fonctionnaires publics, les professionnels et autres acteurs sociaux de demain à accomplir avec droiture les missions qui leur seront confiées; à exercer leurs responsabilités avec probité ; à inscrire leur action dans une éthique au service du bien commun.

«Chers fils et filles du Cameroun, chers étudiants, face à cette tendance – compréhensible – à vouloir émigrer, qui peut laisser croire que l’on trouvera facilement ailleurs un avenir meilleur, je vous invite avant tout à répondre par un désir ardent de servir votre pays, et de mettre au service de vos concitoyens les connaissances que vous êtes en train d’acquérir ici. Telle est la raison d’être de votre Université, fondée il y a 35 ans pour former des pasteurs d’âmes et des laïcs engagés dans la société: ce sont eux les témoins de sagesse et d’équité dont le continent africain a besoin…

«Chers enseignants, votre rôle est essentiel. C’est pourquoi je vous encourage à incarner les valeurs que vous souhaitez transmettre, avant tout la justice et l’équité, l’intégrité, le sens du service et de la responsabilité. L’Afrique et le monde ont besoin de personnes qui s’engagent à vivre selon l’Évangile et à mettre leurs compétences au service du bien commun. Ne trahissez pas ce noble idéal! En plus d’être des guides intellectuels, soyez des modèles dont la rigueur scientifique et l’honnêteté personnelle forment la conscience de vos étudiants.

«L’Afrique a en effet besoin d’être libérée du fléau de la corruption. Et cette prise de conscience doit se fortifier chez un jeune dès les années de formation, grâce à la rigueur morale, au désintéressement et à la cohérence de vie de ses éducateurs et enseignants. Jour après jour, posez les fondements indispensables à la construction d’une identité morale et intellectuelle cohérente. En témoignant de la vérité, surtout face aux illusions de l’idéologie et des modes, créez un environnement où l’excellence académique s’allie naturellement à la droiture humaine.»

Le 18 avril, le pape s’exprimait ainsi dans son homélie lors de la messe célébrée à l’aéroport de Yaoundé-Ville, tout juste avant son départ pour l’Angola:

«Jésus se fait proche de nous: il n’apaise pas immédiatement les tempêtes mais il nous rejoint au milieu des dangers, et il nous invite, dans les joies comme dans les peines, à rester ensemble, solidaires, comme les disciples dans la même barque; à ne pas regarder de loin ceux qui souffrent, mais à nous rapprocher d’eux, à nous serrer les uns contre les autres. Personne ne doit être laissé seul face aux épreuves de la vie. Pour cela, chaque communauté a pour tâche de créer et de soutenir des structures de solidarité et d’entraide où, face aux crises – qu’elles soient sociales, politiques, sanitaires ou économiques –, chacun puisse donner et recevoir de l’aide, selon ses capacités et ses besoins. Les paroles de Jésus, “c’est moi”, nous rappellent que, dans une société fondée sur le respect de la dignité de la personne, la contribution de tout le monde est importante et a une valeur unique, indépendamment du statut ou de la position de chacun aux yeux du monde.

«L’exhortation “n’ayez pas peur” prend alors une dimension plus large, y compris sur le plan social et politique, comme un encouragement à affronter ensemble les problèmes et les défis – en particulier ceux liés à la pauvreté et à la justice – avec un sens civique et de responsabilité civile. La foi ne sépare pas le spirituel du social. Au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles.

«Les efforts individuels et isolés ne suffisent pas au salut d’une communauté: une décision commune est nécessaire, qui intègre la dimension spirituelle et éthique de l’Évangile au cœur des institutions et des structures, en faisant de celui-ci des instruments pour le bien commun, et non des lieux d’intérêts, de conflits, ou le théâtre de luttes stériles…

«Peuple de Dieu qui vis et chemines au Cameroun, n’aie pas peur! Reste fermement uni au Christ Seigneur! Avec la force de son Esprit, tu seras le sel et la lumière de cette terre! Merci beaucoup!»

L’Angola

Lors de son arrivée à Luanda, capitale de l’Angola, plus tard dans la journée du 18 avril, le Souverain Pontife a adressé les paroles suivantes aux autorités civiles et aux membres du corps diplomatique, faisant référence à tant de pays africains qui sont exploités par des compagnies étrangères pour leurs richesses naturelles, alors que la population locale croupit dans la pauvreté. Dans le cas précis de l’Angola, la richesse naturelle en question est avant tout le pétrole:

«Vous savez bien que trop souvent, on a regardé et on regarde encore vos régions pour donner ou, le plus souvent, pour prendre quelque chose. Il faut briser cette chaîne d’intérêts qui réduit la réalité et la vie elle-même à une marchandise d’échange.

«L’Afrique est pour le monde entier une source de joie et d’espérance, que je n’hésiterais pas à qualifier de vertus « politiques », car ses jeunes et ses pauvres rêvent encore, espèrent encore, ne se contentent pas de ce qui existe déjà, souhaitent se relever, se préparer à assumer de grandes responsabilités, s’engager personnellement. La sagesse d’un peuple, en effet, ne se laisse éteindre par aucune idéologie et, en vérité, le désir d’infini qui habite le cœur humain est un principe de transformation sociale plus profond que n’importe quel programme politique ou culturel. Je suis ici, parmi vous, au service des meilleures énergies qui animent les personnes et les communautés dont l’Angola est une mosaïque hautement colorée. Je souhaite écouter et encourager ceux qui ont déjà choisi le bien, la justice, la paix, la tolérance, la réconciliation. En même temps, avec les millions d’hommes et de femmes de bonne volonté qui constituent la première richesse de ce pays, j’entends aussi invoquer la conversion de ceux qui choisissent des voies opposées et font obstacle à son développement harmonieux et fraternel.

«Chers amis, j’ai évoqué les richesses matérielles sur lesquelles des intérêts puissants mettent la main, y compris dans votre pays. Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont engendrées par cette logique d’exploitation! …

«Les despotes et les tyrans du corps et de l’esprit veulent rendre les âmes passives et les passions tristes, enclines à l’inertie, dociles et asservies au pouvoir. Dans la tristesse, nous sommes en effet à la merci de nos peurs et de nos fantasmes, nous nous réfugions dans le fanatisme, la soumission, le vacarme médiatique, le mirage de l’or, le mythe identitaire. Le mécontentement, le sentiment d’impuissance et de déracinement nous séparent, au lieu de nous rapprocher, en répandant un climat d’aliénation vis-à-vis de la chose publique, de mépris pour le malheur d’autrui et de négation de toute fraternité. Une telle discorde désagrège les relations constitutives que chacun entretient avec soi-même, avec les autres et avec la réalité….

Ensemble, vous pouvez faire de l’Angola un projet d’espérance. L’Église catholique, dont je sais combien vous appréciez l’œuvre au service de ce pays, souhaite être le levain dans la pâte et favoriser l’émergence d’un modèle juste de coexistence, libéré des esclavages imposés par des élites aux fortunes considérables et aux joies factices. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons multiplier les talents de ce merveilleux peuple, jusque dans les périphéries urbaines et les régions rurales les plus reculées où bat sa vie et se prépare son avenir.

Éliminons les obstacles au développement humain intégral, en luttant et en espérant aux côtés de ceux que le monde a rejetés, mais que Dieu a choisis. C’est ainsi, en effet, qu’est née notre espérance: «La pierre qu’ont rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » (Ps 118, 22), JésusChrist, plénitude de l’homme et de l’histoire. Que Dieu bénisse l’Angola !»

Lors de sa visite au sanctuaire Mamã Muxima, le dimanche 19 avril, le pape Léon XIV a adressé les paroles suivantes, au terme de la prière du Rosaire:

«Réciter le Rosaire nous engage donc à aimer chaque personne avec un cœur maternel, de manière concrète et généreuse, et à nous dépenser pour le bien les uns des autres, en particulier celui des plus pauvres. Une mère aime tous ses enfants, bien qu’ils soient différents les uns des autres, de la même manière et de tout son cœur. Nous aussi, devant la Mère de notre cœur, nous voulons promettre de faire de même, en nous dévouant sans réserve pour que personne ne manque d’amour, et avec lui, du nécessaire pour vivre dignement et être heureux: pour que ceux qui ont faim aient de quoi se nourrir, pour que tous les malades puissent recevoir les soins nécessaires, pour que les enfants aient accès à une Instruction adéquate, pour que les personnes âgées puissent vivre sereinement leurs années de vieillesse. Une mère pense à toutes ces choses: Marie pense à toutes ces choses, et elle nous invite, nous aussi, à partager sa sollicitude.

Chers jeunes, chers membres de la Légion de Marie, chers frères et sœurs, la Vierge Marie nous demande de nous laisser toucher par les sentiments de son cœur, afin d’être, comme elle, des artisans de justice et des porteurs de paix. Un grand projet est en cours ici: la construction d’un nouveau sanctuaire, capable d’accueillir tous ceux qui viennent en pèlerinage. Prenez cela comme un signe, surtout vous, les jeunes. À vous aussi, en effet, la Mère du Ciel confie un grand projet: celui de construire un monde meilleur, accueillant, où il n’y ait plus ni guerres, ni injustices, ni misère, ni malhonnêteté, et où les principes de l’Évangile inspirent et façonnent toujours davantage les cœurs, les structures et les programmes, pour le bien de tous.

«C’est l’amour qui doit triompher, non la guerre! C’est ce que nous enseigne le cœur de Marie, le cœur de notre Mère à tous. Partons donc de ce sanctuaire en tant qu’“anges-messagers” de vie, pour apporter à tous la tendresse de Marie et la bénédiction de Dieu… Chers amis, offrons tout à Marie, en nous donnant tous à nos frères, et accueillons avec joie, par son intercession, la bénédiction du Seigneur, afin de la transmettre à tous ceux que nous rencontrons. Amen.»

L’immigration

Le 23 avril, sur l’avion qui le ramenait de Guinée équatoriale à Rome, une question fut posée au Saint-Père au sujet de l’immigration:

Réponse du pape Léon XIV: «Le thème de l’immigration est très complexe et concerne de nombreux pays, pas seulement l’Espagne, pas seulement l’Europe ou les États-Unis: il s’agit d’un phénomène mondial! C’est pourquoi ma réponse commence par une question: que fait le Nord pour aider le Sud ou ces pays où les jeunes ne trouvent aujourd’hui aucun avenir et, pour cette raison, rêvent de partir vers le Nord? Tout le monde veut partir vers le Nord, mais souvent, le Nord n’a pas de solution à leur offrir. Beaucoup souffrent.

«La question de la traite des êtres humains, le trafficking, fait elle aussi partie de la migration. Personnellement, je crois qu’un État a le droit d’établir des règles à ses frontières. Je ne dis pas que tout le monde doit entrer sans ordre, créant parfois, là où ils vont, des situations plus injustes que celles qu’ils ont laissées derrière eux.

«Mais, cela dit, je me demande: que faisons-nous dans les pays les plus riches pour changer la situation dans les pays les plus pauvres? Pourquoi ne pouvons-nous pas essayer — tant par l’aide publique que par les investissements des grandes entreprises riches, des multinationales — de changer la situation dans des pays comme ceux que nous avons visités lors de ce voyage?

«L’Afrique est considérée par beaucoup comme un endroit où l’on peut aller extraire des minerais, prendre ses richesses pour enrichir les autres, dans d’autres pays. Peut-être devrions-nous, à l’échelle mondiale, nous engager davantage pour promouvoir plus de justice, d’égalité et le développement de ces pays africains, afin qu’ils n’aient pas besoin d’émigrer vers d’autres pays, en Espagne, et ailleurs.

«Et l’autre point que je voudrais aborder, c’est que, quoi qu’il en soit, ce sont des êtres humains et nous devons traiter les êtres humains de manière humaine, et ne pas les traiter souvent pire que des animaux. Il y a là un grand défi: un pays peut dire qu’il ne peut pas accueillir d’autres personnes, mais quand elles arrivent, elles sont des êtres humains et méritent le respect qui revient à tout être humain en raison de sa dignité.

Partager via:
  

À Lire aussi


DERNIÈRE PARUTION