Vers Demain

Aidez-nous à continuer.

Vers Demain mène le combat pour un monde meilleur, veuillez nous soutenir pour continuer.

Non merci, peut-être plus tard

Le plaidoyer de Léon XIV pour la paix

Léon XIV bénit la foule lors du dimanche de Pâques Photo: © Vatican Media

Il y a la guerre en Ukraine qui dure depuis 4 ans, les conflits à Gaza, au Soudan, en République démocratique du Congo qui ont fait des milliers de victimes et maintenant, depuis la fin février 2026, les attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran.

Ce dernier conflit retient tout particulièrement l’attention du monde entier car il a des répercussions mondiales sur l’économie:20 pour cent de la production mondiale de pétrole passe par le détroit d’Ormuz, longeant les côtes de l’Iran, qui est bloqué depuis le début de cette guerre, réduisant ainsi l’accès au pétrole pour plusieurs pays du monde entier, spécialement la Chine, le Japon et l’Inde, et entraînant une hausse du prix du pétrole dans tous les pays.

De plus, 30% du commerce mondial d’engrais, vitaux pour la production alimentaire mondiale, transite aussi par le détroit d’Ormuz. Ce blocus menace donc effectivement de famine plusieurs pays d’Afrique, et combiné à la hausse du prix du pétrole (nécessaire pour le transport), fait monter le coût des aliments.

C’est un chaos mondial catastrophique qui est en train de se produire, et qui peut facilement se transformer en troisième guerre mondiale impliquant directement les grandes puissances, plusieurs accusant même la Chine et la Russie d’appuyer secrètement l’Iran en armement et informations stratégiques.

«Vos mains sont pleines de sang»

Devant une telle folie guerrière, une voix s’est élevée dans le monde pour faire entendre le bon sens et la raison, le message de la paix, le message de l’Évangile de Jésus: c’est la voix du Vicaire du Christ, le pape Léon XIV. Plusieurs se souviennent d’ailleurs de ses toutes premières paroles après son élection comme successeur de saint Pierre, le 8 mai 2025: «La paix soit avec vous!... La paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et désarmante.»

En voyant l’urgence de la situation actuelle, le Saint-Père a multiplié, ces dernières semaines, ses prises de position d’une intensité rare en faveur de la paix, interpellant à la fois les belligérants, les gouvernements et les marchands d’armes. Voici par exemple ce qu’il disait dans son homélie du dimanche des Rameaux, le 29 mars 2026:

«Nous regardons Jésus, qui se présente comme le Roi de la paix, alors qu’autour de Lui la guerre se prépare… Frères et sœurs, voici notre Dieu: Jésus, Roi de la paix. Un Dieu qui refuse la guerre, que personne ne peut invoquer pour justifier la guerre, qui n’écoute pas la prière de ceux qui font la guerre et rejette celle-ci en disant: “Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas: vos mains sont pleines de sang” (Is 1, 15)… Le Christ, Roi de la paix, s’écrie encore depuis sa croix: Dieu est amour! Ayez pitié! Déposez les armes, souvenez-vous que vous êtes frères!»

«Que ceux qui ont des armes les déposent»

Une semaine plus tard, dimanche de Pâques (5 avril 2026), le pape livrait depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre le traditionnel message pascal Urbi et Orbi — «à la ville et au monde». Avant de souhaiter joyeuses Pâques à la foule en dix langues, il a prononcé ces paroles de paix:

«La force par laquelle le Christ est ressuscité est totalement non violente. Elle est semblable à celle d’un grain de blé qui, corrompu dans la terre, grandit, se fraye un chemin entre les sillons, germe et devient un épi doré. Elle est plus semblable encore à celle d’un cœur humain qui, blessé par une offense, repousse l’instinct de vengeance et, rempli de pitié, prie pour celui qui l’a offensé.

«Frères et sœurs, telle est la véritable force qui apporte la paix à l’humanité, puisqu’elle produit des relations respectueuses à tous les niveaux: entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les nations. Elle ne vise pas un intérêt particulier, mais le bien commun; elle ne veut pas imposer son propre projet, mais contribuer à l’élaborer et à le réaliser avec les autres…

«À la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ! Laissons son immense amour changer notre cœur! Que ceux qui ont des armes en main les déposent! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer!

«Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu’ils engendrent et que chacun ressent pourtant. On assiste à une “mondialisation de l’indifférence” de plus en plus marquée, pour reprendre une expression chère au Pape François, qui adressait au monde ses dernières paroles il y a un an (dimanche de Pâques 2025) depuis cette loggia, en nous rappelant: “Que de volonté de mort nous voyons chaque jour dans les nombreux conflits qui touchent différentes parties du monde!”»

Le président Trump s’en mêle

Ce même dimanche de Pâques, le président américain Donald Trump publiait sur son réseau Truth Social le message suivant, d’une violence rare: «Mardi (le 7 avril) sera le Jour des centrales électriques et le Jour des ponts, tout ça réuni en un seul, en Iran. Il n’y aura rien de comparable !!! Il n’y aura rien de comparable!!! Ouvrez ce putain de détroit, bandes de fous furieux, ou vous vivrez en enfer — VOUS ALLEZ VOIR!

Louange à Allah.» En d’autres mots, Trump menaçait de détruire toutes les centrales électriques et tous les ponts de l’Iran, et pour que ce soit plus clair, il ajoutait: «We are blowing up the entire country» (nous allons faire sauter le pays tout entier) si l’Iran ne conclut pas un accord dans les 48 heures. Dans la matinée du mardi 7 avril, Donald Trump maintenait le suspense, en publiant le message suivant: «A whole civilization will die tonight, never to be brought back again» (Une civilisation entière s’éteindra ce soir, pour ne plus jamais renaître), si l’Iran ne cède pas avant 20 heures. Il avait précédemment menacé de réduire l’Iran à néant et de la renvoyer à l’âge de pierre. De telles paroles laissaient même présager l’usage d’une bombe nucléaire.

Le même jour, suite à ces paroles du président américain, le pape Léon XIV, quittant sa résidence de Castel Gandolfo en fin d’après-midi, le pape a pris la parole en anglais et en italien devant les journalistes présents: «Aujourd’hui, comme nous le savons tous, il y a aussi cette menace sur tout le peuple d’Iran, et ceci n’est vraiment pas acceptable (truly unacceptable).» Il a rappelé que les attaques contre les infrastructures civiles sont contraires au droit international, et «le signe de la haine, de la division et de la destruction dont l’être humain est capable ».

Le Saint-Père a décrit cette guerre comme une guerre injuste (voir page 16), «qui continue de s’intensifier et ne résout rien », tout en aggravant la crise économique mondiale et la déstabilisation du MoyenOrient. Il a même appelé directement les citoyens américains à contacter leurs élus au Congrès pour exiger la paix — une rupture rare avec le protocole de neutralité vaticane, mais nécessaire devant le risque d’une escalade pouvant mener à une guerre mondiale. Léon XIV a conclu: «Revenons à la table, parlons, cherchons des solutions pacifiques, et souvenons-nous surtout des innocents — les enfants, les personnes âgées, les malades.»

Finalement, peu avant l’expiration de son ultimatum de 20 heures, Trump avait finalement reculé, annonçant un cessez-le-feu de deux semaines, après des démarches du Pakistan comme médiateur. Le monde entier, qui retenait son souffle, pouvait respirer un peu.

Veillée de prière pour la paix

La menace d’une guerre totale n’ayant pas disparu, le Saint-Père avait invité, le samedi 11 avril, les pèlerins du monde entier à se réunir dans la Basilique et la Place Saint-Pierre à Rome pour prier le Rosaire de la Vierge Marie et invoquer la paix. Voici des extraits de son discours:

«À présent, unis dans la prière du Saint Rosaire, en demandant l’intercession de notre Mère Marie, nous voulons dire au monde entier qu’il est possible de construire la paix, une paix nouvelle: qu’il est possible de vivre ensemble avec tous les peuples de toutes les religions, de toutes les races; que nous voulons être disciples de Jésus Christ unis comme frères et sœurs, tous unis dans un monde de paix.

«La guerre divise, l’espérance unit. La tyrannie piétine, l’amour élève. L’idolâtrie aveugle, le Dieu vivant éclaire. Il suffit d’un peu de foi, d’une miette de foi, très chers amis, pour affronter ensemble, comme humanité et avec humanité, cette heure dramatique de l’histoire. La prière, en effet, n’est pas un refuge pour nous soustraire à nos responsabilités, elle n’est pas un anesthésiant pour éviter la douleur que tant d’injustice déclenche. Elle est au contraire la réponse la plus gratuite, universelle et bouleversante à la mort: nous sommes un peuple qui ressuscite déjà!...

«Saint Jean-Paul II, témoin infatigable de la paix, a déclaré avec émotion, dans le contexte de la crise irakienne de 2003: «J’appartiens à la génération de ceux qui ont vécu la Deuxième Guerre mondiale et y ont survécu. J’ai le devoir de dire à tous les jeunes, à ceux qui sont plus jeunes que moi, qui n’ont pas connu cette expérience: «Plus jamais la guerre!» comme le disait Paul VI au cours de sa première visite aux Nations Unies (4 octobre 1965). Nous devons faire tout notre possible! Nous savons bien que la paix à n’importe quel prix n’est pas possible. Mais nous savons tous combien cette responsabilité est grande » (Angélus, 16 mars 2003). Je fais mien ce soir son appel, si actuel.

Léon XIV dépose des fleurs devant la statue de Notre-Dame de la Paix, lors de la veillée de prière du 11 avril. Photo: © Vatican Media

«La prière nous éduque à agir. Les possibilités humaines limitées s’unissent, dans la prière, aux possibilités infinies de Dieu. Les pensées, les paroles et les actes brisent alors la chaîne démoniaque du mal et se mettent au service du Royaume de Dieu: un Royaume où il n’y a ni épée, ni drone, ni vengeance, ni banalisation du mal, ni profit injuste, mais seulement dignité, compréhension et pardon. Nous avons là un rempart contre ce délire de toute-puissance qui, autour de nous, devient de plus en plus imprévisible et agressif.

«Les équilibres au sein de la famille humaine sont gravement déstabilisés. Même le Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie, est entraîné dans les discours de mort. Disparaît alors un monde de frères et de sœurs ayant un seul Père dans les cieux et, comme dans un cauchemar nocturne, la réalité se peuple d’ennemis. Partout, on perçoit des menaces, au lieu d’appels à l’écoute et à la rencontre. Frères et sœurs, celui qui prie a conscience de ses limites, il ne tue pas et ne menace pas de mort. Au contraire, est asservi à la mort celui qui a tourné le dos au Dieu vivant, pour faire de luimême et de son propre pouvoir l’idole muette, aveugle et sourde (cf. Ps 115, 4-8), à laquelle sacrifier toute valeur et exiger que le monde entier plie le genou.

Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent! Assez avec la démonstration de force! Assez avec la guerre! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Saint Jean XXIII, avec une simplicité évangélique, a écrit: “La paix profite à tous: aux individus, aux familles, aux peuples, à toute la famille humaine”. Et, reprenant les paroles lapidaires de Pie XII, il ajoutait:

“Avec la paix, rien n’est perdu; mais tout peut l’être par la guerre” (Lettre encyclique Pacem in terris, 116). «Unissons donc les énergies morales et spirituelles de millions, voire de milliards d’hommes et de femmes, de personnes âgées et de jeunes qui, aujourd’hui, croient en la paix, qui choisissent la paix, qui soignent les blessures et réparent les dégâts causés par la folie de la guerre. Je reçois de nombreuses lettres d’enfants provenant de zones de conflit: en les lisant, on perçoit, à travers la vérité de l’innocence, toute l’horreur et l’inhumanité d’actions dont certains adultes se vantent fièrement. Écoutons la voix des enfants!

«Chers frères et sœurs, il y a bien sûr des responsabilités inaliénables pour les dirigeants des nations. À eux nous crions: arrêtez-vous! C’est le temps de la paix! Asseyez-vous aux tables du dialogue et de la médiation, pas aux tables où l’on planifie le réarmement et où l’on délibère des actes de mort!

«Il y a cependant, non moins grande, la responsabilité de nous tous, hommes et femmes de tant de pays différents: une immense multitude qui rejette la guerre, avec des faits, pas seulement en paroles. La prière nous engage à convertir ce qui reste de violent dans nos cœurs et dans nos esprits: convertissonsnous à un Royaume de paix qui se construit jour après jour, dans les maisons, dans les écoles, dans les quartiers, dans les communautés civiles et religieuses, en volant du terrain à la polémique et à la résignation avec l’amitié et la culture de la rencontre. Croyons de nouveau en l’amour, la modération et la bonne politique. Formons-nous et engageons-nous, chacun répondant à sa propre vocation. Chacun a sa place dans la mosaïque de la paix!...

«Chers frères et sœurs, rentrons à la maison avec cet engagement de prier sans cesse, sans nous lasser, et avec une profonde conversion du cœur. L’Église est un grand peuple au service de la réconciliation et de la paix qui avance sans hésitation, même lorsque le rejet de la logique de la guerre peut lui valoir incompréhension et mépris. Elle annonce l’Évangile de la paix et enseigne à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, surtout lorsqu’il s’agit de la dignité infinie d’autres êtres humains, mise en péril par les violations constantes du droit international. “Partout dans le monde, il est à souhaiter que ‘chaque communauté devienne une “maison de paix’, où l’on apprend à désamorcer l’hostilité par le dialogue, où l’on pratique la justice et cultive le pardon. Aujourd’hui plus que jamais, en effet, il faut montrer que la paix n’est pas une utopie” (Message pour la 59e Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026).

Trump réplique

Se sentant visé par ces paroles de paix, le président Trump, rentrant à Washington après un week-end à Miami, s’arrête devant les caméras et lâche: «Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très libéral, et c›est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité.» Plus tard dans la soirée, Trump en a rajouté une couche, publiant sur son réseau Truth

Social une violente diatribe contre Léon XIV:

«Le pape Léon est faible face à la criminalité, et catastrophique en matière de politique étrangère. Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu… Je ne veux pas d’un pape qui pense qu’il est acceptable que l’Iran possède une arme nucléaire… Léon devrait être reconnaissant, parce que, comme tout le monde le sait, il n’était sur aucune liste pour devenir pape, et n’a été placé là par l’Église que parce qu’il était Américain, et qu’elle pensait que ce serait la meilleure façon de gérer le président Donald J. Trump. Léon ne serait pas au Vatican si je n’étais pas à la Maison Blanche.»

Pourquoi cette guerre?

On peut se demander pourquoi le président Trump, qui s’est fait élire en promettant de ne plus impliquer les États-Unis dans des guerres interminables, insiste pour dire que cette intervention militaire contre l’Iran est nécessaire, selon lui, pour l’empêcher d’avoir l’arme nucléaire. En fait, cela ressemble plutôt à l’argument servi par les États-Unis pour la guerre contre l’Irak en 2003, alors que le président Bush affirmait que l’Irak possédait des armes de destruction massive, ce qui s’est avéré faux par la suite.

De plus, Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme a affirmé le 7 mai 2026 que l’ensemble de la communauté du renseignement américaine, CIA incluse, concluait avant le déclenchement de la guerre que l’Iran ne développait pas d’arme nucléaire. Selon Kent, les agences de renseignement américaines avaient également anticipé avec précision les représailles iraniennes: ciblage des bases américaines dans la région et fermeture du détroit d’Ormuz.

Enfin, selon une enquête du New York Times signée Jonathan Swan et Maggie Haberman (13–14 avril 2026), le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et David Barnea, directeur du Mossad (l’agence de renseignement extérieur de l’État d’Israël), ont joué un rôle clé dans la décision de Donald Trump d’attaquer l’Iran. Lors d’une réunion secrète dans la Situation Room de la Maison-Blanche tenue le 11 février 2026, Netanyahou a présenté à Trump une mise en scène stratégique — vidéos, projections et intervention du Mossad — visant à lui faire croire qu’un renversement rapide du régime iranien était possible. Cette présentation, en contradiction avec les évaluations prudentes de la CIA, aurait été déterminante pour convaincre Trump de soutenir l’opération militaire israélienne.

Certains avancent même que des croyances religieuses pourraient pousser les Etats-Unis, Israël et même l’Iran à poursuivre ce conflit pour le transformer en guerre mondiale: certains milieux chrétiens fondamentalistes américains souhaitent provoquer la «bataille d’Armageddon» qui, selon la Bible (Apocalypse 16, 16) doit opposer Israël et ses alliés à une coalition de nations ennemies, pour hâter la seconde venue de Jésus sur terre après cette guerre finale. Les Juifs d’Israël quant à eux disent que c’est leur Messie qui apparaîtra à la fin de cette guerre, et les musulmans quant à eux attendent un personnage semblable, le Mahdi. Donc pour tous ces gens, ça ne vaut même pas la peine de négocier, puisqu’il est préférable de hâter la fin du monde!

Léon XIV: «Il existe une meilleure voie»

Ce même lundi 13 avril, les journalistes qui accompagnaient le pape Léon XIV sur l’avion en route pour son voyage apostolique en Algérie et trois autres pays africains n’ont pas manqué de lui poser une question au sujet des déclarations faites la veille à son sujet par le président Trump. Le Saint-Père a répondu aux journalistes, en anglais, avec un calme désarmant:

Léon XIV répond aux journalistes sur l’avion papal

«Je n’ai pas peur de l’administration Trump. Je ne suis pas un politicien, je n’ai pas l’intention d’entrer dans un débat avec lui. Le message est toujours le même: promouvoir la paix. Je continuerai à m’élever haut et fort contre la guerre, à promouvoir le dialogue et les relations multilatérales entre les États afin de trouver des solutions justes aux problèmes. Trop de gens souffrent dans le monde aujourd’hui. Trop d’innocents sont tués. Et je pense que quelqu’un doit se lever et dire qu’il existe une meilleure voie. »

Le 23 avril 2026, lors d’une conférence de presse sur le vol de retour d’Afrique à Rome, le journaliste italien Ignazio Ingrao a posé la question suivante au Saint-Père: «Lors du Meeting pour la paix à Bamenda, au Cameroun, vous avez décrit un monde à l’envers, où une poignée, une minorité de tyrans risque de détruire la planète… Partant de là, je voudrais vous demander: les négociations visant à mettre fin au conflit en Iran sont dans le flou, avec de lourdes répercussions sur l’économie. Je vous demanderais donc tout d’abord: souhaitez-vous un changement de régime en Iran, compte tenu également du fait que la société civile et les étudiants sont descendus dans la rue ces derniers mois? Et le monde s’inquiète de la course à l’arme nucléaire. Et surtout, je voudrais vous demander: quel appel lancez-vous aux États-Unis, à l’Iran, à Israël pour sortir de l’impasse, mettre fin à l’escalade?

Léon XIV a répondu:

«Je voudrais commencer par dire: il faut promouvoir une nouvelle attitude, une culture de la paix. Souvent, lorsque nous évaluons certaines situations, la réponse immédiate est: il faut intervenir par la violence, par la guerre, en attaquant. Comme nous l’avons vu, de nombreux innocents sont morts. Je viens de voir une lettre, que vous avez peut-être vue, écrite par certaines familles des enfants qui sont morts le premier jour de l’attaque. Elles évoquent le fait qu’elles ont désormais perdu leurs garçons, leurs filles, des enfants qui sont morts. Et je dis: [la question n’est pas] de savoir s’il s’agit d’un changement de régime, ce n’est pas un changement de régime… La question est de savoir comment promouvoir les valeurs auxquelles nous croyons sans la mort de tant d’innocents.

«La question de l’Iran est évidemment très complexe. Les négociations mêmes qu’ils tentent de mener: un jour, l’Iran dit “oui”, les États-Unis disent “non”, et vice versa, et nous ne savons pas où cela mène. Et cette situation chaotique s’est créée, grave pour l’économie mondiale. Mais il y a aussi toute une population en Iran, composée de personnes innocentes, qui souffre de cette guerre. Quant à savoir s’il s’agit d’un changement de régime ou non… On ne sait pas clairement quel est le régime en place en ce moment, après les premiers jours des attaques d’Israël et des États-Unis contre l’Iran. Je voudrais plutôt encourager la poursuite du dialogue pour la paix: que les parties s’engagent, qu’elles cherchent, qu’elles mettent tout en œuvre pour promouvoir la paix.

«[Face à] la menace de la guerre [je dis] que le droit international doit être respecté. Il est très important que les innocents soient protégés, et cela n’a pas été le cas en divers lieux. J’ai avec moi la photo d’un enfant musulman qui, lors de ma visite au Liban, était là, attendant avec une pancarte disant: “Bienvenue Pape Léon!”, et qui a ensuite été tué au cours de ces derniers jours de la guerre. Il y a beaucoup de situations humaines et je pense que nous devons être capables de réfléchir de cette manière. En tant qu’Église, je le répète, en tant que pasteur: je ne peux pas être en faveur de la guerre, et je voudrais encourager chacun à faire des efforts pour chercher des réponses issues d’une culture de paix et non de haine et de division.

Puis, en anglais, en réponse à une question sur les exécutions commises par le régime iranien, Léon XIV a élargi sa condamnation pour qu’elle s’appliqe à tous les camps, y compris implicitement aux frappes américaines:

«Je condamne toute action injuste. Je condamne le meurtre d’autres personnes. Je condamne la peine capitale. Je crois que la vie humaine doit être respectée et que la vie de chaque personne – de la conception à la mort naturelle – doit être respectée et protégée. Par conséquent, lorsqu’un régime, lorsqu’un pays prend des décisions qui ôtent injustement la vie à d’autres personnes, il est évident que cela doit être condamné.»

L’Église est contre les armes nucléaires

Le 5 mai, lors d’une entrevue avec l’animateur conservateur Hugh Hewitt sur la chaîne conservatrice américaine Salem News Channel, le président Trump renouvelait ses déclarations contre le pape, en disant: «Le pape préfère parler du fait que pour Téhéran, il est acceptable d’avoir une arme nucléaire. Je pense qu’il met en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens.»

En réalité, Léon XIV n’a jamais déclaré que l’Iran devrait avoir une arme nucléaire. Le même soir, à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo, le SaintPère a répondu ainsi aux journalistes sur cette nouvelle sortie de Donald Trump:

« La mission de l’Église est d›annoncer l’Évangile, de prêcher la paix. Si quelqu›un veut me critiquer pour annoncer l’Évangile, qu’il le fasse avec la vérité: l’Église se prononce depuis des années contre toutes les armes nucléaires, donc il n’y a aucun doute à ce sujet. J’espère simplement être entendu pour la valeur de la parole de Dieu. J’ai déjà parlé depuis le premier moment de mon élection et, maintenant que nous sommes proches de l’anniversaire, je réitère: la paix soit avec vous.»

Le pape a aussi répondu, en anglais, sur la question de la guerre juste: «Depuis l’entrée dans l’ère nucléaire, tout le concept de guerre doit être réévalué selon les termes actuels. Je croirai toujours qu’il vaut mieux dialoguer que d’entrer dans un conflit nucléaire.»

L’histoire nous enseigne que, parfois, une parole prononcée au bon moment, avec le courage de ne pas se taire, change le cours des choses. Léon XIV a choisi de prendre ce risque, le risque d’annoncer l’Évangile, de prêcher la paix. Adhérons tous à ce message, et mettons-le en pratique.

Alain Pilote, rédacteur
Partager via:
  

À Lire aussi


DERNIÈRE PARUTION