Vers Demain

Aidez-nous à continuer.

Vers Demain mène le combat pour un monde meilleur, veuillez nous soutenir pour continuer.

Non merci, peut-être plus tard

Les riches peuvent se convertir

Par Juan Castro Soto Religion / autres

On pourrait penser que nous allons ici défendre les accumulateurs d’argent, les banquiers, les entrepreneurs les plus fortunés, les puissants de l’économie, qu’ils soient capitalistes ou «socialistes». Rien de cela. Nous expliquerons seulement que ces millionnaires pourraient ne pas être si riches que cela, et qu’un pauvre pourrait se définir par la quantité de ses besoins.

L’aspect économique

Avec l’invention de la monnaie métallique et de la monnaie papier, les sentiments de cupidité et d’avidité qui ont dominé l’existence humaine se sont exacerbés, tout comme l’égoïsme et l’envie. Avec le symbolisme de cet argent, beaucoup ont vu qu’ils pouvaient concentrer la richesse — tellement que personne n’en voudrait si elle était en nature!...

En effet, si au lieu d’avoir des millions de dollars, on possédait des terres, des bijoux, des automobiles, des aliments et une infinité de biens et services, tout cela deviendrait un fardeau! Qui voudrait de vastes étendues de terre s’il ne peut pas les exploiter? À quoi sert tant de nourriture si l’on n’a qu’une bouche, un estomac, et seulement 24 heures par jour pour tout consommer? Pourquoi tant de vêtements si l’on n’a qu’un seul corps, ou tant de chaussures pour deux pieds? À quoi bon tant de voitures si l’on ne peut en conduire qu’une seule?... Et qui s’occupera de tout cela?

En vérité, tant de propriétés deviennent une forme d’esclavage et une inquiétude vaine. Une richesse réelle excessive serait un cauchemar et peut détruire la liberté, la santé et même la vie. Mais si cette vaste richesse est représentée par des pièces, des billets ou des chiffres, on peut en posséder beaucoup plus. Et si quelqu’un se sent supérieur simplement parce qu’il a plus d’argent, il fera tout pour en obtenir, comblant ainsi son manque d’estime de soi.

D’un point de vue comptable, Louis Even avait raison de dire que tout le monde devient capitaliste lorsqu’il possède du capital. Même les socialistes! Et même lorsqu’on n’en a pas! Car il existe d’autres dimensions au-delà de la comptabilité. Le capitalisme est tout un système social qui inclut d’innombrables variables économiques, politiques et idéologiques, produit des capitalistes eux-mêmes: c’est une culture!

On pourrait dire la même chose du socialisme et de ses partisans, souvent plus intéressés par le capital que par la société.

Sous cette perspective plus globale, Louis Even ne dirait sans doute pas qu’une personne est capitaliste simplement parce qu’elle possède du capital. Ce serait comme dire qu’une personne est un zèbre simplement parce qu’elle se peint des rayures. C’est bien plus que cela.

L’aspect idéologique

Nous parlons de toutes les formes de capital: technologique, naturel, «humain», monétaire et financier. Par exemple, si l’on considère la force de travail humaine comme du capital, sommes-nous tous capitalistes? Non. Être capitaliste va bien au-delà de la main-d’œuvre: cela implique avant tout de placer le capital au-dessus de tout, même des personnes, jusqu’à en faire un dieu. C’est aussi une question de valeurs: le capital devient une fin en soi, accumulé au lieu d’être un moyen d’échange.

Ainsi surgissent la spoliation et l’exploitation du travail, la richesse extrême et la pauvreté extrême. En réalité, la plupart des grands problèmes mondiaux découlent de cette guerre pour l’argent, dans le capitalisme comme dans le socialisme.

Cet aspect idéologique qui divinise l’argent suffit pour être capitaliste. Ainsi, une personne pauvre peut être capitaliste sans posséder de capital: cela dépend de ce qu’elle ferait avec, ou souhaiterait faire... un capitaliste sans capital! Rien qu’en désirant devenir millionnaire, on devient capitaliste, même sans un centime en poche.

À l’inverse, une coopérative possédant du capital pour produire n’est pas capitaliste pour autant, car son objectif principal est le bien-être des personnes et non l’accumulation de capital.

Ainsi, le capitalisme peut être davantage une question idéologique qu’économique — même si l’idéologie seule ne suffit pas.

L’aspect politique

Pour que le système actuel fonctionne de manière si inéquitable, il repose sur une politique de rareté monétaire: dette, intérêts, impôts, salaires insuffisants, monopole monétaire, disparité entre monnaies… et manque de démocratie.

En effet, le système financier actuel fonctionne sur la rareté de l’argent, appauvrissant la majorité et enrichissant une minorité, favorisant la cupidité, l’usure, les élites, les privilèges, le pouvoir et les classes sociales.

Ainsi, 99 % de la richesse se concentre entre les mains de 1 % de la population. En vérité, ce qui dégrade le riche aujourd’hui n’est pas sa richesse, mais son contraste avec la pauvreté et son indifférence face à elle.

Si, au contraire, tout le monde était millionnaire, qui posséderait la richesse réelle? Chacun n’aurait que ce dont il a besoin, conservant des millions inutilisables. Ce n’est que de l’argent en surplus. L’essentiel est que les biens atteignent ceux qui en ont besoin.

La richesse réelle est limitée, tandis que l’argent peut avoir une valeur infinie; pourtant, il y a assez de richesse pour tous, mais seulement de l’argent pour quelques-uns.

Ce que disait Jésus

On peut lire dans Matthieu 19, 16-22:

«Un jeune homme s’approcha de Jésus et lui demanda: — Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle? — Pourquoi m’interroges-tu sur le bien? répondit Jésus. Un seul est bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. — Lesquels? demanda-t-il. Jésus répondit: — Tu ne tueras point, tu ne commettras point d’adultère, tu ne voleras point, tu ne porteras pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère, et aime ton prochain comme toi-même.

— J’ai observé tout cela, dit le jeune homme. Que me manque-t-il encore? Jésus lui répondit: — Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi. En entendant cela, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.»

Dans un système fondé sur la dette et la rareté, «il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille» qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Jésus avait raison, non pas parce que le riche est mauvais, mais parce que le système financier enferme tout le monde.

Jésus dénonçait déjà la vanité d’accumuler des richesses, mais les riches semblent ne jamais s’en rendre compte. Beaucoup ne pourraient pas épuiser leur fortune en plusieurs générations. Et pourtant, ils restent pauvres dans leur richesse, toujours dépendants de l’argent et du pouvoir.

Quand l’abondance nous atteindra

Si l’argent cesse d’être rare, personne ne sera plus important qu’un autre. L’égoïsme, l’envie et la compétition perdront leur fondement. Personne ne vivra dans l’angoisse du futur.

Tout consiste à abolir la rareté monétaire pour mettre fin à l’exploitation, au vol et à la mendicité. L’abondance signifie propriété pour tous. Elle réduit même les besoins, en éliminant le superflu.

Saint François d’Assise disait: «Je désire peu, et le peu que je désire, je le désire peu.»

Ainsi, il n’est pas dans la nature humaine d’être capitaliste, socialiste hypocrite ou irrécupérable comme ce jeune riche. C’est le système de rareté qui génère la cupidité et la domination.

Au sommet de la pyramide: les banquiers, puis les politiciens, ensuite les élites économiques, et enfin les travailleurs qui créent la richesse réelle.

Changer le système, c’est changer toute la société. Il n’y aura plus de lutte des classes, mais une démocratie économique, proche du Royaume évoqué par Jésus.

Saviez-vous que les monnaies locales pourraient être une première pierre pour construire ce Royaume?

Juan Castro Soto
Partager via:
  

À Lire aussi


DERNIÈRE PARUTION